Le nautisme va-t-il rester uniquement une industrie de bateaux ?

Le Yamaha Crosswave vient d’être présenté, Le Böte Rover Areo est plus ancien

Ce ne sont pas des bateaux au sens où on l’entend ici. Dans le paysage nautique actuel – en France – ils n’ont aucune chance mais ils pourraient préfigurer une révolution d’usage.

Pourquoi ?

Le nautisme – en tant que loisir – s’est démocratisé en devenant « résidentiel ».
Dans les années 60/70, la révolution apportée par le composite polyester a fait baisser les coûts mais elle a changé la donne.

Auparavant, naviguer demandait compétence, engagement et patience.

Ensuite, c’est devenu un loisir : usage occasionnel, recherche de confort, expérience familiale, petite « randonnée » marine. Storytelling du mouillage.

Le bateau devient accessible, habitable, il incarne une résidence secondaire sur l’eau avec tout l’imaginaire qui va avec.

Tout comme pour le ski, au sein de la société des loisirs, une classe moyenne y accède. Un écosystème tout entier se construit autour de ce schéma émergeant dont les ports, infrastructures nécessaires.

Reste trois problèmes (qui ont pris de l’ampleur depuis) :
– Le coût d’achat
– La place de port (rareté et prix)
– La faible fréquence d’usage

À partir des années 80, l’essor des sports de glisse s’appuie sur une autre logique :
– Pratique sportive (sports postmodernes)
– Individualisation et miniaturisation
– Mobilité
– Grande fréquence d’usage
– Faible investissement

L’interface entre les passionnés et la mer n’est plus le port mais la plage.

Quels scénarios crédibles pour 2040 ?

1- Continuité du nautisme haut de gamme, statutaire : le luxe, l’habitat, le voyage, la performance.
2- Nautisme dématérialisé (plate-forme de services, usage récréatif décorrélé de la culture initiale) : l’air du temps, l’accès smartphone, l’opportunité.
3- Développement possible du nautisme hybride et léger : l’usage outdoor, l’aspect plus sportif, la passion.

Conclusion


– Les marques historiques sont optimisés pour le modèle “maison flottante”.
– Des acteurs ont capté le nautisme dématérialisé. Les chantiers sont aujourd’hui dépendants d’eux
– De nouveaux entrants peuvent capter le modèle outdoor léger

L’avenir du nautisme n’est pas une innovation produit mais dans un référentiel culturel différent propre aux nouvelles générations.

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Thierry Seray