Navigation ancestrale, neuroscience, surf foil et monde de demain

Un savoir ancestral et des chercheurs en neuroscience d’un coté, de l’autre des pionniers d’une pratique non dénuée de technologie mais minimaliste, qui pourrait augurer d’un nouveau rapport à l’océan, davantage basé sur la compréhension et le respect, que sur la performance et la domination.

La science à la recherche de l’instinct

Les navigateurs des îles Marshall lisaient les vagues, le vent et les étoiles pour retrouver leur chemin sur les océans. Une équipe de chercheurs en neurosciences tentent de décrypter ce savoir ancestral qui permettait de s’orienter en pleine mer sans instrument ni technologie.

L’émergence d’un nouvelle culture

Par aileurs un peu partout dans le monde, de Hawaii à la Méditerranée, des pionniers parcourent désormais de longues distances en surf foil, SUP foil ou wingfoil, portés uniquement par la houle.

Avec un équipement réduit à l’essentiel, ils inventent une manière minimaliste et incroyablement efficiente de s’emparer du large.

S’il fallait faire un exercice prospectif optimiste (la prospective nous oblige souvent à imaginer des scénarios pessimistes), j’aimerais faire un pont entre ces deux sujets

Quand Erwan Jauffroy relie le continent à la Corse en SUP foil, sans voile ni moteur, sur une petite planche au bilan carbone dérisoire, il se nourrit de la houle. Il est aussi assisté par un routeur expérimenté qui optimise sa route et lui permet de s’affranchir des 247 kilomètres du parcours.

De nouveaux scénarios sur l’eau

Demain, on pourrait imaginer que l’équipe de chercheurs dont je parlais au début finissent par nous éclairer et envisager des downwinds où ces nouveaux marins s’orientent de façon plus instinctive, à la manière des navigateurs marshallais. L’idée, un peu utopique certes, serait que demain, on puisse envisager le large d’une nouvelle façon. Minimaliste et épurée.

La course au large à la voile est une discipline dans laquelle les Français excellent. Non seulement les marins, mais aussi les chantiers, les architectes, les ingénieurs sans oublier les organisateurs d’événement.

Avec le Vendée Globe mais aussi le trophée Jules Vernes nous avons même fait rêver les Anglais. De leur côté, les anglos-saxons ne dorment pas et avec la Coupe de l’America et le Sail GP, ils ont rapproché la voile du haut niveau de l’imaginaire de la F1.

Mais soyons honnêtes les programmes RSE cachent mal le tout performance, tout technologie, tout carbone.

Bascule culturelle

C’est une question culturelle. De ce côté-ci de la planète, nous privilégions la maîtrise et les moyens à des fins de performance. Ailleurs, notamment dans le Pacifique, le surf, la pirogue, traduisent une relation avec les éléments plus existentielle, plus respectueuse aussi.

Les îles Marschall sont parmi les territoires les plus menacés au monde par la montée du niveau de la mer liée au changement climatique. Elles sont très vulnérables, et cette menace est bien documentée par les scientifiques.

Scénario : un événement downwind là-bas, une course au large en supfoil, mêlant symboliquement riders locaux et d’autres venus du monde entier, un événement minimaliste ayant pour but d’alerter sur le climat.

Et si le sport de demain consistait moins à dominer l’océan qu’à apprendre, à nouveau, à l’écouter ?

Note de l’auteur : cette analyse – la première de 2026 – est exceptionnellement accessible à tous.

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Thierry Seray